18. J’ignore comment cela est arrivé, mais je sais au moins que c’est horrible ! Et même tout à fait horrible ! Je ne crois pas être coupable d’être où je suis maintenant. N’est-ce pas un accident ? Mais peut-être le suis-je de me taire ? Mais que se produirait-il si je parlais ? Me croirait-on ? Probablement que non. Il me faut donc supporter ce nouveau châtiment avec humilité. Mais est-ce ce que l’Être suprême attend de moi ? Veut-il que je me dénonce et que je paie ma faute dans l’Escalier, ce qui ne compromettrait pas mon entrée au Paradis ? Si la balance des comptes n’est pas faite dans cette vie, elle devra l’être dans l’autre… Mais mon crime est si grave que même la justice des ascendants ne pourra pas en effacer la trace ! Mon âme est à jamais souillée ! Mon Dieu, pourquoi ne me punis-tu pas ? Qu’attends-tu ? Seul toi peux laver ma faute, mon crime en étant un contre les hommes, mais encore davantage contre toi. Je t’en supplie !

Je n’ai sans doute pas assez souffert. Il me faut retourner en moi et porter courageusement le poids du péché. Il me faut aussi te révéler ma faute. Mais tu la connais déjà. Je sais bien, ce n’est pas pour toi que je dois tout dire, mais pour moi, pour la paix et le salut de mon âme. Je parlerai donc.

Mon Père céleste, tu as sans doute remarqué que je ne suis plus à ma place. C’est un sacrilège, je le sais bien. Néanmoins, une part de moi est certaine que je ne suis pas coupable. Je marchais comme d’habitude, en te rendant grâce, quand un autre habitant de l’Escalier me saisit. Il s’ensuivit des cris, des coups et une bousculade, rapidement interrompue par un cri strident. Tout étourdi, je tentai de reprendre ma place, mais elle était déjà prise. Du moins, c’est ce que je crois… Peut-être me suis-je trompé ? Pris de panique, je pris la seule place qui était libre, du côté des ascendants. Comment cette place est-elle devenue libre ? Je l’ignore. Mais ce n’est certainement pas ma place. Alors, mon Dieu, dois-je être tenu responsable d’un accident dont je suis la principale victime, le salut de mon âme étant compromis et la damnation éternelle étant mon sort ? Donne-moi un signe ! Montre-moi en quoi je t’ai offensé ! Mon ignorance est le pire des tourments !

La chose est certaine : je ne mérite pas d’être sauvé car je crois encore à mon innocence. Ô Être suprême, aide-moi à voir ma faute et à me repentir ! Écoute mes prières et ne me refuse pas la douce libération du remords !

 

 

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