28. Mes amis, vous me décevez grandement ! En faut-il si peu pour vous contenter ? En faut-il si peu pour que vous soyez terrorisés ? C’était un beau début, j’en conviens, mais nous nous sommes arrêtés trop tôt. Que j’aurais aimé que nous nous arrachions les yeux, ce qui aurait sans doute fait changement. Et, puisque nous y étions, que nous nous coupions les oreilles et le bout du nez, que nous nous arrachions les dents une à une, que nous nous brûlions au fer rouge, que nous nous écartelions, que nous nous écorchions vifs, que nous nous garrottions, que nous nous éviscérions, que nous nous sectionnons les tendons un à un, que nous nous dépecions, que nous nous attachions à la roue ! Voilà qui est toujours mieux que l’ennui et la répétition…

Mais nous nous sommes arrêtés à peine après avoir entamé les amuse-gueules ; juste assez pour me mettre l’eau à la bouche. Ne préférez-vous pas à la grisaille de vos vies et de l’Escalier le sang rouge et encore chaud du massacre ? Ne rêvez-vous point que vos narines soient chatouillées par ses effluves salés ? Et pourtant nous continuons de marcher, ce que nous détestons tous. Pourquoi ne pas nous arrêter et ne pas mettre fin à tout par un énorme feu d’artifice ? À mon avis, c’est le mieux que nous puissions faire.

 

 

Tous

Incident